
Kaspersky en France en 2026 : ce qui a changé, et les options d'un utilisateur actuel
Statut de Kaspersky en France, décisions américaines de 2024, avertissement allemand de 2022, avis du CERT-FR et résultats des laboratoires, sans conclusion imposée.
Kaspersky reste en vente en France : le site kaspersky.fr proposait encore, le 6 novembre 2026, ses formules Standard, Plus et Premium, avec des boutons d’achat et de renouvellement. Aucune autorité française n’a interdit le produit, et les laboratoires lui donnent des notes parmi les meilleures du marché. Les décisions qui font débat sont américaines (2024) et allemande (2022), et elles portent sur la confiance dans un éditeur russe, pas sur la qualité de détection. Cet article range les faits, puis donne les options d’un utilisateur actuel, sans décider à sa place.
Ce qui est établi, et ce qui ne l’est pas
Un sujet sensible demande de séparer trois niveaux : ce qu’un texte officiel écrit, ce qu’il implique et ce que la presse en dit. Les faits ci-dessous viennent des pages primaires lues le 6 novembre 2026, et chaque ligne renvoie à son texte.
| Date | Décision | Auteur | Portée |
|---|---|---|---|
| 15 mars 2022 | Avertissement qui recommande de remplacer les produits Kaspersky | BSI (Allemagne) | Avertissement officiel, sans interdiction légale selon les extraits lus |
| 2 mars 2022 | Note CERTFR-2022-CTI-001 | CERT-FR (ANSSI) | Position nuancée, sans interdiction ni avertissement formel |
| 20 juin 2024 | Décision finale du Département du Commerce | États-Unis | Interdit la fourniture de logiciels Kaspersky à des personnes américaines |
| 21 juin 2024 | Sanctions sur douze dirigeants | OFAC (Trésor américain) | Vise des personnes, pas l’entreprise ni son PDG |
| 20 juillet 2024 | Fin des nouveaux accords avec des clients américains | Commerce | Première échéance de l’interdiction |
| 29 septembre 2024 | Fin des mises à jour et du réseau Kaspersky Security Network aux États-Unis | Commerce | Seconde échéance, revente et intégration interdites |
La première ligne est le dernier mot disponible côté allemand : la page de l’avertissement est toujours publiée en 2026, avec une note du 6 décembre 2025 qui signale seulement un changement de base légale. Le texte original demandait aussi de ne pas couper l’antivirus sans plan. Les extraits de la FAQ du BSI indiquent, selon nos lectures partielles, qu’il n’existe pas d’interdiction légale d’usage ; le passage n’a pas pu être lu en entier, nous le donnons comme probable et non comme établi.
La décision américaine de 2024, mot à mot
La décision finale du Département du Commerce date du 20 juin 2024 : elle interdit à Kaspersky de livrer logiciels et services à toute personne relevant de la juridiction américaine. Le même jour, trois entités ont été inscrites sur l’Entity List : AO Kaspersky Lab, OOO Kaspersky Group (Russie) et Kaspersky Labs Limited (Royaume-Uni). Le lendemain, le Trésor américain désignait douze personnes occupant des postes de direction d’AO Kaspersky Lab. Le communiqué prend soin de préciser que l’entreprise elle-même, sa société mère, ses filiales et son PDG ne figurent pas parmi les personnes désignées.
Le calendrier détaillé figure sur la page du BIS, l’agence concernée : à partir du 20 juillet 2024, plus de nouveaux accords ; à partir du 29 septembre 2024, plus de mises à jour de signatures ni de code, plus d’exploitation du réseau Kaspersky Security Network, plus de revente ni d’intégration dans d’autres produits. La suite de l’histoire est simple à énoncer : un utilisateur américain pouvait garder son logiciel installé, mais il ne recevait plus de signatures fraîches, ce qui a fait de l’interdiction une extinction progressive de la protection.

Deux nuances évitent les contresens. D’abord, la mesure est américaine : elle n’a aucune valeur juridique en France. Ensuite, le Trésor n’a pas sanctionné l’entreprise comme telle, mais des dirigeants, et la distinction compte dans la lecture du dossier. Les motifs invoqués sont ceux d’un risque lié à un éditeur soumis au droit russe, pas d’un défaut de détection constaté.
Ce que disent les autorités françaises
Du côté français, la source de référence est la note du CERT-FR, le centre de veille de l’ANSSI, CERTFR-2022-CTI-001. Sa version initiale date du 2 mars 2022, et le texte évolue depuis, sans que l’historique du document précise à quel moment le passage sur Kaspersky a été ajouté. Les citations utiles tiennent en quatre idées :
- l’usage des produits de l’éditeur « peut être questionné », en raison de leurs liens avec la Russie ;
- la note ne relève « aucun élément objectif » qui justifierait de réviser son appréciation de leur qualité ;
- elle ne préconise pas de se déconnecter lorsqu’aucune solution de remplacement n’existe ;
- elle conseille de réfléchir, à moyen terme, à un panier de solutions de cybersécurité plus diversifié.
Il n’y a donc ni interdiction ni avertissement formel en France. Mais la note ne dit pas non plus « utilisez sans crainte » : elle invite à anticiper. Nos recherches n’ont trouvé aucune mise à jour de la position de l’ANSSI après 2022, et nous nous gardons d’écrire qu’elle l’aurait maintenue ou levée. Le CERT-FR continue par ailleurs de publier des avis de vulnérabilité visant des produits Kaspersky, comme pour n’importe quel éditeur, et ces avis demandent d’appliquer les correctifs.
Ce que montrent les laboratoires
La question technique et la question de confiance n’ont pas la même réponse. Sur la première, les mesures récentes placent Kaspersky en tête du marché :
- AV-TEST, Windows 11, juillet-août 2026 (Kaspersky Premium 21.24 et 21.25) : 6 en protection, 6 en performance, 6 en utilisabilité. Sur macOS (juin 2026, version 27.0) et sur Android (septembre 2026, version 11.133), les trois notes sont aussi de 6.
- AV-Comparatives, Real-World, février-mai 2026 : 399 menaces bloquées sur 400, soit 99,75 % (affiché 99,8 % par le labo), 3 fausses alertes, niveau Advanced+. C’est le meilleur taux de ce test.
- AV-Comparatives, Malware Protection, septembre 2026 : 99,97 %, 5 fausses alertes, Advanced+.
- AV-Comparatives, Performance, septembre 2026 : impact de 3,3, troisième rang, Advanced+.
- SE Labs, avril-juin 2026 : 100 % de protection, 100 % sur les objets légitimes, award AAA. Kaspersky et Malwarebytes sont les deux seuls produits du test à n’avoir laissé passer aucune attaque ciblée.
- AV-Comparatives, rapport annuel 2025 : Top-Rated Product, médaille d’or en protection contre les malwares et en fausses alertes (9 au cumul de l’année), bronze en Real-World.
Un lecteur qui ne s’intéresse qu’à la détection a ici sa réponse : le produit se classe dans le haut du tableau sur chaque test publié. Le dossier de confiance, lui, se joue ailleurs, et les laboratoires n’ont pas vocation à l’évaluer. Pour lire ces chiffres avec méthode, le guide comment lire un test antivirus détaille ce que chaque barème mesure.
Où en est la vente en France
Trois formules sont proposées aux particuliers, relevées le 6 novembre 2026 sur kaspersky.fr : Standard coûte 19,99 € pour démarrer puis 34,99 €, Plus 29,99 € puis 59,99 € (VPN et gestionnaire de mots de passe compris), Premium 34,99 € puis 84,99 €. Le renouvellement est automatique, avec la mention « prix de lancement la première année ». L’éditeur annonce un remboursement sous 30 jours. La page « Kaspersky Free » n’est pas une version gratuite permanente : c’est un essai de 30 jours de Standard. Le pied de page affiche « AO Kaspersky Lab », société fondée en 1997 dont Eugene Kaspersky est le PDG depuis 2007, selon le site, avec une holding britannique, Kaspersky Limited, citée par le Trésor américain.
Le détail de la fiche, avec les prix, les résultats et les conditions de résiliation, figure dans la fiche Kaspersky.
Ce que ces décisions changent, ou pas, pour un particulier français
Les textes américains n’ont aucune force en France : ils régissent ce que Kaspersky peut vendre et mettre à jour aux États-Unis, et ne disent rien du droit d’un Français à utiliser le produit. L’avertissement allemand s’adressait à des utilisateurs allemands, sans valeur juridique ici. Reste la note du CERT-FR, qui n’est ni une loi ni une interdiction, mais le seul texte public de l’autorité nationale compétente.
Pourquoi la question de l’origine se pose-t-elle pour un antivirus, et pas pour un traitement de texte ? Parce qu’un antivirus dispose, par construction, de droits très étendus sur l’ordinateur : il lit tous les fichiers, intercepte le trafic web et accepte les mises à jour que l’éditeur lui pousse en continu. Cette position de confiance est celle de tous les éditeurs, américains, européens ou russes, et la discussion sur Kaspersky est une version publique d’une question valable partout : à qui confie-t-on les clés de sa machine ? Dans le cas présent, des États ont estimé que la nationalité de l’éditeur, dans un contexte de guerre, changeait le niveau de risque, ce que d’autres autorités, dont l’ANSSI, ont jugé moins tranché.
Cette lecture n’accuse personne et n’innocente personne : elle explique pourquoi un produit techniquement excellent peut poser un problème qui n’a rien de technique.
Les options d’un utilisateur actuel
Trois voies existent, et aucune n’est la bonne pour tout le monde. Elles dépendent de votre tolérance à un risque de nature politique, que les tests ne mesurent pas.

Garder le produit. C’est la voie du statu quo, cohérente avec la lecture du CERT-FR : aucun élément technique ne justifie de bousculer son installation. Elle suppose de garder le produit à jour, de lire les avis de sécurité qui le concernent et de revoir sa décision si un nouveau texte officiel intervient. Un renouvellement à 34,99 € ou plus se décide alors chaque année.
Diversifier à moyen terme. C’est la recommandation de la note française, qui appelle à envisager une stratégie de diversification. Dans la pratique, pour un particulier, cela se traduit moins par un second antivirus que par un plan : choisir un produit de remplacement le jour où l’abonnement arrive à échéance, au lieu de renouveler par défaut. Une licence en cours n’a pas à être abandonnée avant son terme.
Changer maintenant. Si la nature de l’éditeur vous pose un problème de principe, rien n’oblige à attendre. Le BSI demandait lui-même, en 2022, de ne pas éteindre l’antivirus sans préparation, et la note du CERT-FR dit la même chose. Les étapes sensées sont les suivantes :
- choisir le produit de remplacement à partir des tests datés, en vérifiant sa compatibilité avec votre système ;
- télécharger son installateur sur le site officiel de l’éditeur, sans lancer l’installation ;
- sauvegarder les fichiers importants sur un support séparé ;
- désinstaller Kaspersky avec son programme de désinstallation officiel, puis installer immédiatement le nouveau produit, sans attendre le lendemain. La procédure par éditeur est détaillée dans l’article désinstaller proprement un antivirus ;
- désactiver le renouvellement automatique dans le compte Kaspersky, car la désinstallation ne résilie pas l’abonnement.
Dans l’intervalle, Windows réactive Defender lorsqu’aucun antivirus tiers n’est présent. Cette protection de repli est correcte, et son niveau est analysé dans l’article Defender suffit-il.
Les formules en pratique
La gamme tient en trois niveaux, sur Windows, macOS, Android et iOS. Standard est l’antivirus seul : la page n’évoque ni VPN ni coffre de mots de passe pour cette formule. Plus ajoute les deux. Premium y joint un VPN illimité, un coffre-fort de documents et une assistance prioritaire. Une offre de carte cadeau, limitée dans le temps, accompagnait Premium le jour du relevé : un détail de promotion qui ne dit rien de la valeur du produit.
Pour situer ces formules, il suffit de regarder ce que mesurent les autres produits aux mêmes tests, sans en déduire un classement. Au test de malwares de septembre 2026, Bitdefender atteint 99,98 % avec 1 fausse alerte, Kaspersky 99,97 % avec 5, Norton 99,96 % avec 15 et ESET 99,89 % avec 3. Au test de performance, Kaspersky prend la troisième place (impact de 3,3) et McAfee la première (3,1). Sur la protection comme sur la légèreté, l’éditeur est donc dans le groupe de tête : le critère qui le distingue des autres n’est pas dans les tableaux.
Ce qu’aucun texte ne permet d’affirmer
Il vaut mieux dire ce que ce dossier ne démontre pas, parce que le sujet attire les affirmations péremptoires dans les deux sens. Aucun texte lu n’établit que les produits Kaspersky aient été utilisés pour espionner leurs utilisateurs : les décisions américaines et allemande invoquent un risque lié au contexte (un éditeur soumis au droit russe, en période de guerre), pas un incident prouvé. À l’inverse, aucun résultat de laboratoire ne peut écarter ce risque, puisque les tests mesurent la détection de malwares et non la gouvernance d’un éditeur.
Un utilisateur qui se sent concerné peut raisonner par exposition. Un particulier sans activité sensible et un responsable d’association ou de petite entreprise qui manipule des données de tiers ne sont pas dans la même position, et le niveau d’aversion au risque n’est pas le même. Les autorités françaises ont écrit que l’usage « peut être questionné » : à chacun de faire le tri entre une réserve de principe et une urgence.
Sources à consulter soi-même
Les pages citées ici sont publiques et lisibles en quelques minutes : le communiqué du Trésor américain, la page du BIS sur les mesures, la note du CERT-FR et la page de l’avertissement du BSI, ce dernier en allemand. Les trois premiers documents suffisent à se faire une opinion, l’avertissement allemand donnant le contexte de l’époque. Si un nouveau texte était publié, c’est lui qui prévaudrait sur cet article, dont les faits sont relevés au 6 novembre 2026. Le communiqué du BSI reste archivé à la même adresse.
Questions fréquentes
Kaspersky est-il interdit en France ?
Non. Aucune interdiction ni avertissement formel n'a été trouvé du côté des autorités françaises, et le site kaspersky.fr proposait encore à la vente, le 6 novembre 2026, les formules Standard, Plus et Premium. L'interdiction de vente de 2024 est américaine. L'Allemagne, elle, a publié en 2022 un avertissement de son office de sécurité informatique, le BSI.
Que dit exactement le CERT-FR sur Kaspersky ?
Dans sa note CERTFR-2022-CTI-001, le CERT-FR estime que l'usage des outils de Kaspersky peut être questionné du fait de leur lien avec la Russie, tout en écrivant qu'aucun élément objectif ne justifie de revoir l'évaluation de leur qualité. Il ne préconise pas de déconnexion sans solution de remplacement et invite à envisager, à moyen terme, une stratégie de diversification. Aucune mise à jour postérieure à 2022 n'a été trouvée.
Les produits Kaspersky sont-ils performants dans les tests ?
Oui, les résultats récents sont parmi les meilleurs : note maximale en protection, performance et utilisabilité chez AV-TEST (août 2026), 99,75 % au test Real-World d'AV-Comparatives (février-mai 2026), 100 % de protection chez SE Labs (avril-juin 2026). Ces mesures portent sur la qualité technique du produit, pas sur la question de confiance que posent les décisions publiques.
Faut-il désinstaller Kaspersky tout de suite ?
Ce n'est pas une urgence technique. Le CERT-FR comme le BSI invitent à ne pas couper une protection sans plan de remplacement. Si vous décidez de changer, préparez d'abord le produit de remplacement, puis désinstallez Kaspersky, et pensez à désactiver le renouvellement automatique : la désinstallation ne résilie pas l'abonnement.
Quels sont les prix de Kaspersky après la première année ?
Relevé le 6 novembre 2026 sur kaspersky.fr : Standard 19,99 € la première année puis 34,99 €, Plus 29,99 € puis 59,99 €, Premium 34,99 € puis 84,99 €. Le renouvellement est automatique et l'éditeur annonce un remboursement sous 30 jours. La mention TTC n'est pas explicite sur la page.