
Antivirus Android et iPhone : ce qui protège vraiment, et les limites d'iOS
Sur Android, des scanners existent et Google Play Protect est de série ; sur iPhone, les applications dites antivirus ne peuvent pas inspecter les autres applications.
Sur Android, Google Play Protect est de série et obtient 5,5 en protection au cycle AV-TEST de septembre 2026, contre 6 pour la plupart des applications de sécurité testées : un antivirus tiers apporte surtout des fonctions annexes. Sur iPhone, aucune application ne peut scanner les autres applications, et les produits vendus comme antivirus font autre chose, protection de navigation, VPN ou alertes. Cette page sépare les deux systèmes, parce que la question « faut-il un antivirus sur mon téléphone ? » reçoit deux réponses différentes, avec leurs chiffres, leurs sources et leurs limites.
Android : ce qui est déjà là, et ce qu’AV-TEST en dit
Android est le système où les scanners ont un sens technique : les applications peuvent être installées depuis plusieurs sources, et le système laisse à une application de sécurité un certain accès pour analyser les autres. C’est aussi le seul des deux systèmes pour lequel notre socle de laboratoires contient un test mobile détaillé.
Google Play Protect : ce que fait le service de Google
D’après la page d’aide de Google Play, Play Protect analyse les applications et les appareils pour détecter les comportements dangereux. Il effectue un contrôle de sécurité sur les applications du Play Store avant leur téléchargement, détecte sur l’appareil des applications potentiellement dangereuses issues d’autres sources, avertit l’utilisateur et peut désactiver ou supprimer ces applications. Il signale aussi des applications qui masquent ou présentent de façon trompeuse des informations importantes, et, sur certaines versions d’Android, peut réinitialiser les autorisations d’une application. Il peut empêcher l’installation d’une application non vérifiée qui utilise des autorisations sensibles, souvent ciblées par des escrocs.
Deux détails comptent. Play Protect est activé par défaut, mais il peut être désactivé ; Google recommande de toujours le laisser actif. Et pour les applications installées depuis d’autres sources que le Play Store, il peut demander d’envoyer l’application inconnue à Google, si l’option d’amélioration de la détection est activée. Ce n’est donc pas un scanner purement local : il s’appuie sur des analyses côté Google.
AV-TEST, cycle de septembre 2026 : l’écart est faible
Le cycle Android d’AV-TEST de septembre 2026 compte quatorze produits. La page attribue le badge « Certified » à partir de dix points sur dix-huit. Résultats pour les produits que nous suivons, dans l’ordre protection, performance, utilisabilité :
- Avast Antivirus & Security 26.13, AVG Antivirus Free 26.15, Avira Antivirus Security 7.32, Bitdefender Mobile Security 3.3, Kaspersky Premium for Android 11.133, McAfee Mobile Security 10.6, Norton 360 26.14, Sophos Intercept X for Mobile 9.8 et TotalAV Mobile Security 3.1 : 6, 6, 6 ;
- Google Play Protect 53.0 : 5,5, 6, 6 ;
- G Data Mobile Security 29.4 : 5, 6, 5, soit seize points, sans badge « Certified » affiché sur la page.
Trois produits supplémentaires du cycle ne sont pas repris dans cette liste : AhnLab V3 (5,5, 6, 5), securiON OnAV (6, 6, 5) et F-Secure Total Security & VPN (6, 6, 6). ESET, Malwarebytes, Panda et Intego sont absents de ce cycle.
Lire ces chiffres demande de la prudence. Play Protect est un composant du système, mis à jour avec lui ; son résultat est très proche de celui des applications payantes, et l’écart d’un demi-point sur la protection ne dit pas lequel détectera la prochaine menace. À l’inverse, un produit à 6 partout n’est pas une garantie pour votre appareil : les scores valent pour la version testée à la date du cycle. La page test antivirus explique comment les laboratoires construisent ces notes.
Ce que les applications de sécurité Android ajoutent
Si la détection de base est proche, ce sont les fonctions annexes qui séparent les produits. Elles sont à regarder une par une, car un nom de gamme tel que « Premium » ou « Ultimate » masque des contenus très variables.
Le blocage des appels et des SMS frauduleux est la plus visible. Avast annonce cette fonction dans Avast One Premium Security, avec un test de sécurité du Wi-Fi, un contrôle des sites frauduleux, des alertes sur les e-mails suspects et un module anti-ransomware. Cette offre couvre un PC Windows et un appareil mobile, à 41,88 € la première année ; le renouvellement est annoncé à 72,99 € par an. Le détail est sur la fiche Avast.
Le VPN intégré est la deuxième fonction à examiner de près, parce qu’il est presque toujours limité dans les formules d’entrée. Chez Bitdefender, Total Security inclut un VPN limité à 200 Mo par jour et par appareil. Chez Panda Dome Essential et Advanced, la limite est de 150 Mo par jour. Avira Free Security propose un Phantom VPN limité à 500 Mo par mois. Pour un usage de navigation occasionnelle sur un Wi-Fi public, c’est un dépannage ; pas un abonnement VPN de remplacement.
La troisième est la couverture des appareils. Norton AntiVirus Plus couvre un appareil, qui peut être un PC, un Mac, une tablette ou un téléphone, à 24,99 € la première année puis 39,99 € ; la fiche Norton précise les formules à plusieurs appareils. Sophos Home Premium, selon la page du produit, couvre jusqu’à dix PC ou Mac, avec des téléphones et tablettes en nombre illimité grâce à une application mobile gratuite, Intercept X for Mobile, qui figure justement à 6, 6, 6 au test AV-TEST de septembre 2026.
Reste une limite que l’on oublie : ces applications fonctionnent avec les autorisations que vous leur donnez. Une application de sécurité qui demande d’accéder aux messages, aux appels et à l’accessibilité du système est une application puissante, et la confiance accordée à l’éditeur n’est pas un détail. Choisir un éditeur identifié, avec une présence dans un laboratoire, réduit le risque d’installer un faux antivirus ; sur les liens et fichiers piégés qui circulent par messagerie, l’article antivirus et applis de rencontre détaille ce que détecte un antivirus mobile.
iPhone : pourquoi les « antivirus » n’y scannent rien
Sur iPhone, la logique est inverse de celle d’Android. L’architecture ne laisse pas une application analyser les autres, et c’est une décision de conception d’Apple, pas une négligence des éditeurs de sécurité.
Le cloisonnement d’iOS
Le guide de sécurité d’Apple décrit, pour l’iPad et l’iPhone, un principe de conception fondé sur la distribution centralisée, la signature du code et un cloisonnement strict des applications (« strict sandboxing »). Chaque application s’exécute dans un espace isolé et n’a pas accès aux fichiers des autres. Une application de sécurité installée depuis l’App Store est une application comme une autre : elle ne peut pas parcourir le stockage des applications voisines, ni surveiller leurs processus, ni les mettre en quarantaine.
Conséquence directe : un scanner de fichiers au sens où on l’entend sur Windows ou sur Android ne peut pas exister sur iOS en tant qu’application tierce. Quand un produit affiche « analyse de l’appareil » sur iPhone, il faut lire de près ce qu’il analyse réellement.
Ce que proposent malgré tout les applications de sécurité sur iOS
Les produits présentés sous cette étiquette misent sur autre chose : la protection de navigation (comparaison des adresses avec des listes de sites frauduleux), le VPN, les alertes lorsqu’une adresse e-mail apparaît dans une fuite de données, parfois un filtrage des appels. Ces fonctions sont utiles, mais ce ne sont pas celles d’un antivirus, et les présenter comme telles est un raccourci commercial. Norton propose par exemple Norton Mobile Security pour Android et iOS ; AVG précise de son côté que son offre Internet Security n’est pas disponible sous iOS.
Dans les laboratoires de notre socle, aucun test de protection pour iOS ne figure à ce jour : il n’existe donc pas de score à citer pour comparer ces applications entre elles. La seule chose que l’on puisse mesurer est ce que chaque fonction fait, ce que le produit annonce, et son prix ; le lecteur gardera en tête que l’une et l’autre dépendent de l’éditeur.
Le cas de l’Union européenne
Le même guide d’Apple précise que, pour tenir compte du règlement sur les marchés numériques (Digital Markets Act), les utilisateurs de l’Union européenne peuvent installer des applications depuis des boutiques alternatives et directement depuis le site d’un développeur autorisé, ce qui, écrit Apple, introduit des risques supplémentaires ; Apple a prévu des protections spécifiques. Cette précision change la lecture pour un lecteur français : l’argument classique « l’iPhone n’est exposé qu’à l’App Store » doit être nuancé, et la prudence sur l’origine des applications devient plus importante qu’avant. Un antivirus ne répond pas à ce risque ; c’est l’origine de l’installation qui le décide.
Quand une application tierce se justifie sur Android
Plutôt que de décider par principe, mieux vaut partir de ce qu’on fait avec son téléphone. Quelques situations où une application de sécurité apporte quelque chose de concret :
- on installe régulièrement des applications en dehors du Play Store, par exemple des fichiers d’installation reçus d’un tiers ou téléchargés sur un site d’éditeur ;
- on reçoit beaucoup d’appels et de SMS de démarchage ou de fraude, et l’on veut un filtrage que le système ne fait pas seul ;
- le téléphone est partagé avec des enfants, ou prêté, et l’on souhaite un contrôle centralisé depuis un compte parent ;
- on veut une seule licence pour les ordinateurs et les téléphones de la maison, avec une console commune ;
- l’appareil sert au travail et le service informatique n’impose pas de solution.
À l’inverse, un téléphone qui n’installe que des applications du Play Store, régulièrement mis à jour et muni de Play Protect actif, reste dans le cas où l’écart mesuré par AV-TEST est faible. Ce n’est pas une raison de baisser la garde : les gestes décrits plus bas ont plus d’effet qu’un abonnement.
Soupçonner une infection : par où commencer
Les signes d’un appareil en difficulté ne sont pas propres aux malwares : un téléphone qui chauffe, une batterie qui chute ou des publicités hors du navigateur peuvent avoir plusieurs causes. Mais certains signaux méritent une vérification méthodique. Sur Android, on peut contrôler la liste des applications installées et supprimer celles que l’on ne reconnaît pas, vérifier que Play Protect est activé dans les réglages du Play Store, lancer une analyse manuelle depuis cet écran et installer les mises à jour du système. Sur iPhone, la même démarche passe par la liste des applications et des profils de configuration installés, et par la mise à jour d’iOS.
Si le doute persiste, la sauvegarde puis la réinitialisation de l’appareil restent la mesure la plus radicale, mais la plus sûre. Un sujet plus spécifique, celui des logiciels d’espionnage installés par un proche, relève d’une analyse à part que cette page ne couvre pas : il appelle des précautions et un accompagnement qui dépassent le choix d’un antivirus.
Choisir : le tableau des produits mobiles
Le tableau croise le cycle AV-TEST Android de septembre 2026 et les offres relevées début novembre 2026 en France. Les produits absents du cycle ne figurent pas dans le tableau : l’absence signale une donnée manquante, pas un défaut.
| Éditeur et produit | AV-TEST Android, sept. 2026 | Plateformes mobiles | Remarque |
|---|---|---|---|
| Google, Play Protect 53.0 | 5,5, 6, 6 | Android, de série | Gratuit, activé par défaut |
| Avast, Antivirus & Security 26.13 | 6, 6, 6 | Android, iPhone, iPad | One Premium Security : 41,88 € puis 72,99 € (1 PC et 1 mobile) |
| AVG, Antivirus Free 26.15 | 6, 6, 6 | Android (Ultimate : PC, Mac, mobiles) | Internet Security non disponible sous iOS |
| Bitdefender, Mobile Security 3.3 | 6, 6, 6 | Android, iOS (Total Security) | Total Security : 49,99 € la première année, VPN limité |
| Kaspersky, Premium for Android 11.133 | 6, 6, 6 | Android, iOS | Premium : VPN et gestionnaire de mots de passe |
| McAfee, Mobile Security 10.6 | 6, 6, 6 | Android (version testée) | Prix en euros non relevés pour cette offre |
| Norton, 360 26.14 | 6, 6, 6 | Android, iOS (Mobile Security) | AntiVirus Plus : 24,99 € puis 39,99 € (1 appareil) |
| Sophos, Intercept X for Mobile 9.8 | 6, 6, 6 | Android, iOS | Application gratuite associée à Sophos Home Premium |
| TotalAV, Mobile Security 3.1 | 6, 6, 6 | Android, iOS | Prix en euros non établis |
| G DATA, Mobile Security 29.4 | 5, 6, 5 | Android, iOS | Seize points, sans badge Certified affiché |
Ce tableau ne désigne pas de gagnant, et il ne le peut pas : neuf produits sur dix y affichent 6 partout. La décision se prend sur le périmètre (un ou plusieurs appareils, une ou plusieurs plateformes), sur le prix de renouvellement et sur la confiance accordée à l’éditeur.
Les gratuits : ce qui est limité
Sur mobile, le gratuit est fréquent, mais il recouvre des réalités très différentes. Play Protect est gratuit et intégré. Avast One propose une offre gratuite qui annonce une protection contre les malwares et ransomwares, la détection d’arnaques et un VPN gratuit ; les limites exactes ne sont pas établies dans nos relevés. AVG Antivirus Free est testé à 6, 6, 6 sur Android en septembre 2026. Panda Dome Free couvre un appareil, sous Windows et Android, avec un VPN gratuit de 150 Mo par jour. Avira Free Security couvre Windows et les mobiles. La page antivirus gratuit détaille ce que « gratuit » recouvre selon l’éditeur : permanent, essai ou fonctions réservées.
Une règle de lecture évite les surprises : un produit gratuit ne coûte rien à l’achat, mais il peut financer son modèle autrement, par des offres payantes affichées en permanence, ou par des données. Dans le cas d’Avast, la FTC américaine a finalisé en juin 2024 une ordonnance de 16,5 M$ contre la société pour la vente de données de navigation via sa filiale Jumpshot ; ce fait concerne un comportement passé de l’éditeur, pas le produit actuel, mais il illustre pourquoi lire la politique de données d’une application mobile compte autant que son score.
Les pièges d’abonnement propres au mobile
Le mobile concentre les mauvaises habitudes d’affichage des prix. Le tarif mensuel mis en avant est souvent un total annuel divisé par douze : chez Norton, « Soit X euros par mois » est le total annuel divisé par douze, facturé annuellement. Chez Avast, le prix de 3,49 € par mois est à côté d’une facturation annuelle de 41,88 €. La reconduction automatique est la règle, et les conditions de la garantie de remboursement dépendent souvent de son maintien : la promesse antivirus de Norton et celle de McAfee exigent un abonnement à renouvellement automatique actif ; chez TotalAV, c’est l’inverse, il faut d’abord résilier pour être remboursé. Le sujet est traité dans prix de renouvellement des antivirus.
Les abonnements « famille » ajoutent une question de répartition : combien d’appareils, de quels systèmes, et lesquels sont vraiment couverts sur mobile. L’article licence famille antivirus y répond.
La comparaison des usages (famille, senior, joueur, télétravail) est dans la page antivirus par usage.
Gestes qui comptent plus que le produit
Sur un téléphone, quelques gestes pèsent plus lourd que le choix d’une marque. Installer les applications depuis la boutique officielle, ou depuis un éditeur que l’on a vérifié, est le premier. Laisser Play Protect activé en est un autre. Mettre à jour le système et les applications dès que possible en est un troisième. Se méfier d’un lien reçu par message ou d’un fichier d’installation reçu hors boutique, quel que soit l’expéditeur, en est un quatrième. Le guide de Cybermalveillance.gouv.fr sur l’antivirus rappelle les bases : un antivirus installé, activé et mis à jour régulièrement.
Les utilisateurs de Mac qui cherchent la même analyse pour leur ordinateur trouveront les résultats macOS dans la page antivirus Mac.
Questions fréquentes
Un antivirus est-il utile sur Android ?
Google Play Protect est activé par défaut et obtient 5,5 en protection au cycle AV-TEST de septembre 2026, contre 6 pour la plupart des applications de sécurité testées. L'écart est faible. Une application tierce se justifie surtout pour ses fonctions annexes (filtrage des appels et SMS frauduleux, contrôle de sites) ou si l'on installe souvent des applications hors du Play Store.
Un antivirus est-il utile sur iPhone ?
Pas au sens d'un scanner. Sur iPhone, chaque application, y compris une application de sécurité, reste isolée dans son bac à sable et ne peut pas analyser les autres. Les produits proposés sous le nom d'antivirus sont donc surtout des protections de navigation, des VPN ou des alertes, utiles ou non selon l'usage, mais pas des détecteurs de malwares installés.
Google Play Protect suffit-il ?
Pour un usage courant avec des applications du Play Store, il couvre l'essentiel : il contrôle les applications avant leur téléchargement, détecte des applications dangereuses issues d'autres sources et peut les désactiver. AV-TEST lui donne 5,5 en protection en septembre 2026. Il peut être désactivé dans les réglages ; Google recommande de le laisser actif.
Un iPhone peut-il attraper un virus ?
Apple décrit pour l'iPhone une conception fondée sur la distribution centralisée, la signature du code et un cloisonnement strict des applications. Dans l'Union européenne, des boutiques alternatives peuvent depuis l'entrée en vigueur du règlement sur les marchés numériques proposer des applications, ce qu'Apple reconnaît comme une source de risques supplémentaires. Le risque dépend donc beaucoup d'où l'on installe ses applications.
Comment savoir si mon téléphone est infecté ?
Un fonctionnement soudain anormal (publicités hors navigateur, applications inconnues, forfait de données consommé sans raison) justifie de vérifier les applications installées, de lancer une analyse Play Protect sur Android et de mettre le système à jour. En cas de doute sérieux, réinitialiser l'appareil après sauvegarde reste la mesure la plus radicale. Les programmes d'espionnage ciblés sont un sujet à part, qui dépasse le cadre de cette page.